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Les restaurations et découvertes des polychromies

Depuis 1994, les travaux de restauration de Notre-Dame d'Amiens sont, par convention, financés par Amiens Métropole, le département de la Somme, la région Picardie et l'Etat.

 

 

 

1810-1847 : Se succèdent Grandclas, Gode et Cheussey sur le chantier, les sculptures de la façade sont alors restaurées par les frères Duthoit.

1849-1874 : Viollet-le-Duc dirige la première grande campagne de restauration.

1914-1918
1939-1945 : Les deux guerres mondiales épargnent la cathédrale.

1973 : Seconde campagne de restauration, flèche, chapelles rayonnantes, mobilier.

1981 : L’UNESCO inscrit la cathédrale sur la liste du patrimoine mondial.

1992-1999 : Restauration de la façade occidentale. Le nettoyage au laser est expérimenté au porche de la Mère-Dieu. Durant cette campagne, les trois portails ont révélé d’exceptionnels vestiges de polychromie restituée chaque soir par la lumière, à l’occasion du spectacle « Amiens, la cathédrale en couleurs ».

2000-2009 : Restauration des façades des tours occidentales, de la façade nord de la nef et restauration complète du croisillon sud du transept et de son portail (portail de la Vierge dorée).

2010 : La restauration de l’ensemble des autres façades extérieures se poursuit à hauteur du bras nord du transept.

 

La découverte des polychromies

Au moyen-âge le décor sculpté des églises, ainsi que certains éléments d’architecture , étaient peints de couleurs éclatantes. Les polychromies, retrouvées sur les portails de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, révèlent l’utilisation dès le XIIIe siècle de couleurs vives sur l’ensemble des sculptures. L’exposé des motifs de la convention (signée à Amiens le 25 novembre 1994) est clair, expliquant les choix du programme de restauration : « Les connaissances scientifiques acquises à l’occasion de cette restauration, notamment sur l’usage et la signification de la polychromie, constituent en elles-mêmes un bien commun qui doit être exploité avant tout sur les lieux même qui en sont la source et contribuer au développement culturel de la ville, du département et de la région. Amiens est le lieu de naissance du débat sur la restitution partielle et réversible d’un certain nombre d’éléments sculptés sur indication scientifique, qui permettrait l’évocation de ce que furent les cathédrales. »

 

 

Une restauration exemplaire

Le nettoyage au laser du portail Sud dédié à la Vierge, dit portail de la Mère-Dieu, a commencé en 1992. Testé durant plusieurs années au laboratoire de recherche des Monuments Historiques de Champs-sur-Marne, ce fut la première fois que le laser était utilisé en vraie grandeur grâce à la mise en place d’un laser mobile.

La technique du laser, devenue célèbre à Amiens, est appelée aussi désincrustation photonique. Elle consiste en des particules de lumières identiques de faible intensité, émises à une forte puissance, suivant des impulsions très courtes. L’onde provoque ainsi une microrésonance dans la couche de salissure qui se détache par effritement. Agissant par effleurement, le laser conserve à la surface de la pierre son intégrité. Sur les parties nettoyées, tant au portail de la Mère-Dieu qu’à celui du Beau-Dieu, déjà quelques traces de polychromie ont été révélées sur les quadrilobes du soubassement et sur certaines statues colonnes, là où les intempéries et les ravages du temps ont fait leur oeuvre. Par contre, à l’abri dans les ébrasements, les voussures et les tympans, les bleus, les verts, les rouges, les ocres, les ors ressurgissent.

Ces peintures furent réalisées au XIIIe siècle, même si certaines teintes ont changé au cours des siècles en fonction de l’évolution du goût ou de la liturgie. Par cette révélation progressive des couleurs, la preuve est donc apportée à Amiens que les cathédrales gothiques d’Europe avaient leurs façades peintes.